A Propos de Moscati…
La contribution de sa soeur Nina
à la première biographie écrite par Mons.Marini

Traduction de Françoise Matera

Sebastiano Esposito s.j.

Nina Moscati

Un témoignage inédit

On sait parfaitement que, après la mort de Moscati, sa sœur Nina se hâta de rechercher, avec soin, dans toutes les directions et dans tous les milieux, des témoignages et des souvenirs concernant son frère disparu. Une très grande partie de ce matériel qu’elle avait recueilli fut confié à Mons. Ercolano Mariniqui fut le premier biographe de Moscati et Archevêque d’Amalfi: Ceci explique pourquoi ce matériel est en grande partie conservé dans lesArchives de la Curie Amalfitaine.

A mon avis, il conviendrait d’effectuer une recherche approfondie pour mettre en valeur le rôle que Nina Moscati a joué en aidant le biographe à dessiner un profil bien documenté de son Frère.

J’ai choisi dans ces Archives un document qui se rapporte et enrichit nos connaissances sur les relations entre Moscati et Bartolo Longo, dont on a parlé dans le Gesù Nuovo n.4, Juillet 2002, pp.216-220 et dans le n.5, Septembre 2002, pp.283-288.

La première des lettres citées (p. 216) était adressée par Moscati «à l’Ill.mo Signor Allaria Secrétaire du Comm. Bartolo Longo».

C’est justement ce Secrétaire Allaria, en répondant à la demande de Nina Moscati, qui fournira, en plus des informations précieuses sur les maladies de Bartolo Longo, un splendide témoignage, et en partie inédit, du désintéressement et de la charité infatigable du Professeur. Un témoignage qui, à moins d’un an de la mort du Saint, apparaît comme le schéma d’un panégyrique. Je transcris intégralement la lettre de réponse du Secrétaire Allaria:

Sanctuaire de la SS vierge du Rosaire de Pompéi – Valle di Pompéi 29/2/28.

Très estimée Mlle Moscati,
J’ai consacré le peu de temps que j’ai à disposition pour faire des recherches dans mes papiers; mais je n’ai pas réussi à trouver ces quelques lettres ou cartes postales que votre regretté frère m’avait adressées personnellement. Celles adressées au Fondateur du sanctuaire doivent se trouver auprès des Bureaux de la délégation Pontificale.

Les mérites incalculables du Prof. Moscati ne se trouvent pas dans ses écrits mais dans son œuvre de savant émérite et d’apôtre courageux. Il a été un homme fort en pratiquant les vertus les plus illustres, pieux, généreux, travailleur infatigable, au point d’être victime du travail excessif qu’il s’imposait quoi qu’il en soit, pour se rendre utile à l’humanité.

Dans l’assistance, vraiment admirable, que le Prof. Moscati prêta au Fondateur du Sanctuaire de Pompéi, Comm. Bartolo Longo, pendant ses deux dernières maladies, je ne pourrais pas mieux le qualifier que du titre d’ami intime, précieux, de Longo pour qui il éprouvait de la vénération et de l’affection.

Ce fut le Prof. Piccinino à effectuer deux applications de radium à l’œil gauche du vieillard Bartolo Longo, nécessaires pour bloquer un ulcus rodens. A cette occasion, j’écrivis au Prof. Moscati pour qu’il mette de côté ses sentiments d’amitié et qu’il me fasse connaître, sans façons et franchement les honoraires qu’on lui devait ainsi qu’au Prof. Piccinino.

Voici ce qu’il me répondit:

"Cher ami,
Vous ne me devez rien, ni à moi ni au Prof. Piccinino. Nous considérons que c’est une chance de pouvoir prêter notre assistance au Comm. Bartolo Longo, si vous la jugez utile encore.

Salutations cordiales.
Votre très Affectionné
Moscati
"

Je l’informais dans le détail, presque tous les jours, des choses même les plus insignifiantes, du cours des souffrances du Comm. Longo ; et il répondait à toutes les questions avec la patience d’un saint, donnait les meilleurs conseils.

Je tiens à ajouter un petit épisode, sans doute inconnu de tous, et qui révèle toute l’âme de Moscati et le rend grand auprès de Dieu et des hommes.

Chaque fois qu’il se rendait au sanctuaire, non seulement ses visites, même aux Hospices, étaient gratuites; mais encore plus: il portait toujours l’obole aux œuvres.

Un matin que je me trouvais dans la Conciergerie du Sanctuaire attendant le Prof. Moscati, sans qu’il se rende compte que je le voyais, je l’aperçus entrain d’introduire des billets de grosse coupure dans les diverses urnes placées là pour les dons au sanctuaires, pour les orphelines et pour les fils et filles des détenus. Ainsi donc, au lieu de se faire payer, il payait toutes les visites qu’il faisait à Valle di Pompéi !

Je vous adresse mes salutations cordiales et respectueuses
Votre très dévoué
Giov. Battista Allaria


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