Saint Joseph Moscati
Médecin et Saint de Naples - 4

Antonio Tripodoro s.j. - Egidio Ridolfo s.j.
[Traduction par Piera Chianura, Antonella Nappo]

Mort de sa mère -- La Première Guerre Mondiale -- Moscati choisit le travail hospitalier
Directeur de la III Salle Masculine dans l’Hôpital des Incurables

Mort de sa mère: 25 novembre 1914

A la fin de l'année 1914, Madame Rose, la maman du Prof. Moscati, atteinte de diabète, vit sa maladie s'aggraver. Elle fut conduite à Resina, aujourd’hui Herculanum, mais sa santé n’alla pas mieux. La pauvre femme mourut le 25 novembre 1914. Moscati la soigna avec tendresse mais il put faire très peu pour elle parce que la maladie était encore incurable à cette époque.

La maman de S.Joseph Moscati,
morte en 1914.

Avant d'expirer, le 18 novembre, après avoir reçu avec beaucoup de dévotion les derniers sacrements, elle dit à ses fils: "Mes enfants, je meurs contente. Fuyez toujours le péché qui est le plus grand mal de la vie."

Joseph se souvint toujours de ses dernières paroles. Quelques années plus tard, il fut un des premiers médecins à Naples, à expérimenter l'insuline et à exercer un group de médecins au traitement du diabète. L’insuline fut expérimentée sur les humains pour la première fois en janvier 1922.

D'après une lettre adressée à Mlle Carlotta Petravella qui avait perdu sa mère (le 20 janvier 1920)

"Moi aussi, quand j’étais jeune, je perdis mon père, et quand j’étais adulte, ma mère. Mais je sais que mes parents sont toujours à mes côtés, je peux sentir leur douce compagnie; et si je tâche d’imiter leur rectitude, ils m’encouragent, et si je commets des erreurs, ils me conseillent la chose plus juste à faire, comme au temps où ils étaient encore en vie".

La Première Guerre Mondiale, 1915-1918

Pendant les premiers mois du 1915 il y eut beaucoup de débats très animés à propos de l’entrée en guerre italienne de plus en plus certaine avec le temps. A Naples, comme dans les autres villes, beaucoup de personnes manifestaient et chantaient hymnes patriotiques. La Galerie Umberto et les rues adjacentes, où il y avait les rédactions des quotidiens napolitains les plus importants, était toujours bondée de gens qui discutaient et attendaient les décisions de Rome.

Le 24 mai l'Italie entra en guerre et l’appel sous les drapeaux commença à décimer les familles. Eugenio Moscati aussi partit pour le front le 8 juillet.

Joseph Moscati fit la demande d'enrôlement volontaire, toutefois, il ne fut pas accepté. Les autorités militaires confièrent les blessés à ses soins. L'Hôpital des Incurables fut militarisé.

Il visita et soigna environ 3.000 militaires, dont il rédigea un journal et leurs histoires cliniques. Il fut pour eux non seulement le médecin, mais aussi le consolateur attentif et affectueux.

Moscati renonce à la chaire et choisit le travail hospitalier

Moscati, après avoir remplacé le Prof. Filippo Bottazzi, Directeur de l'Institut de Physiologie, et Recteur de l'Université de Naples, fut mis à la tête des recherches scientifiques et des expériences dans l'Institut de Chimie Physiologique.

L’entrée de l’Hôpital des Incurables

De plus, Moscati était très connu dans le milieu médical pour son activité de collaborateur et rédacteur dans quelques revues scientifiques comme Riforma Medica. En 1911, le prof. Rummo lui proposa de devenir correspondant à l’étranger car il parlait anglais et allemand très bien. De 1903, année de sa maîtrise, à 1916, les publications scientifiques de Moscati sont vingt-sept.

Pourquoi n’obtint Moscati jamais une chaire? Il avait un extraordinaire curriculum didactique et scientifique et beaucoup de ses confrères l’enviaient pour son habilité et pour le grand nombre d’étudiants qui fréquentaient ses cours. Toutefois c’est le Prof. Gaetano Quagliariello qui nous donne la réponse vraie. Gaetano Quagliariello, en 1948, était le Recteur de l'Université de Naples. Il écrivit l’article suivant publié dans la revue Medicus (IV1948):

"Puisqu’il était nécessaire occuper la chaire de Chimie Physiologique restée vacante pour la mort du Prof. Malerba, arrivée vers la fin du 1917, et du moment que la Faculté était orientée vers lui qu’avait déjà donné l'enseignement avec grande satisfaction de la part des professeurs et des élèves, pendant la longue période de la maladie du Malerba et après sa mort, [Moscati] dit que n’aurait pas accepté la charge, et conseilla et recommanda mon nom, et alors j’obtins la charge". […]

Et Moscati, plus douloureusement, renonça à l'enseignement officiel qu’il aurait obtenu sans aucun doute s’il eût voulu, pour amour de son hôpital et des ses élèves en constante augmentation autour de lui. Et peut-être même pour mortifier une ambition que certainement il devait avoir pendant sa jeunesse. […]

Ainsi, libre de chaque ambition de la terre, il se consacre, esprit et cœur, à ses malades et à l'éducation des jeunes médecins. L'hôpital devient sa maison, son amour, son sanctuaire. De plus, bien qu’il fût doué d’une grande intuition clinique, il ne lassa pas de côté tout le matériel de laboratoire, et sa préparation chimique et bactériologique lui permit d’employer les plus modernes techniques de recherche pour étudier les malades."

Directeur de la III Salle Masculine dans l’Hôpital des Incurables

La renommée de Moscati en tant que professeur et médecin était indiscutable. Tout le monde parlait de ses cours, de ses dots diagnostiques, de son travail entre les malades. Le Conseil d’Administration de l'Hôpital des Incurables intervint officiellement et en 1919 lui nomma Directeur de la III Salle Masculine.

Une statue du XVI siècle placée par Moscati dans la III Salle Masculine de l'Hôpital des Incurables

Les appréciations pour son travail et les références à son nouveau titre sont la preuve que cette ultérieure promotion fut une joie pour les amis, les assistants et les élèves. Aucun homme ne pouvait aspirer à cette charge plus que lui et aucun homme ne pouvait l’obtenir plus que lui.

Il fut très heureux, mais, comme toujours arrivait en lui, la satisfaction humaine n’était pas séparée de la satisfaction spirituelle, qui glissait sur les motifs contingents et s’enracinait sur motivations bien plus hautes et nobles. Le succès en hôpital ne devait pas regarder sa figure, mais uniquement les malades, pour lesquels il s’engageait et travaillait.

Voilà le sens d’une lettre du 26 juillet 1919, adressée au Sénateur G. D'Andrea, Président des Hôpitaux Réunis de Naples:

"Lorsque j’étais un garçon je regardais avec intérêt à l'Hôpital des Incurables, qui mon père m’indiquait loin de chez moi, en inspirant des sentiments de pitié pour la douleur sans nom, calmée là-dedans. Un désarroi bienfaisant s’emparait de moi et je commençais à penser à la fragilité de toutes les choses, et les illusions tombaient, comme les fleurs des orangeraies qui m’entouraient.

Alors j’étais complètement concentré dans mes études littéraires, et je ne pensais pas et je n’imaginais pas qu’un jour, dans quelle maison blanche, où je voyais à grand-peine les malades à travers le vitrage, comme fantômes blancs, j’aurais obtenu le titre clinique plus important. […]

Je ferais en sorte que la confiance mise en moi soit bien placée, avec mes moindres forces, et Dieu aidant. De plus, je collaborerai à la reconstruction économique des hôpitaux vieux de Naples, si méritant de la charité et de la culture, et aujourd’hui si misérables."

Il était un des hôpitaux les plus fameux d’Europe au temps de Moscati. Il était constitué de plusieurs bâtiments dans entourés de jardins, cloîtres, fontaines.

Il était possible suivre cours universitaires avec des professeurs très célèbres comme Leonardo Bianchi, Gaetano Rummo, Domenico Capozzi, Antonio Cardarelli.

L’Hôpital des Incurables, avec l'église annexe de Sainte Maria del Popolo, se targue d’origines très anciennes. Il est une maison de santé et un centre de foi, pitié et miséricorde. À la fin du 1400 en Italie, et à Naples surtout, après la descente de Charles VIII, le prétendu mal français (lue venerea) ou mal dermoceltique se propageait, et ceux qui étaient frappés – beaucoup de gens – étaient appelés incurabili (incurables). La charité chrétienne commença très vite à s’occuper de ces pauvres malheureux.

Mais la personne qui devait fonder le plus fameux hôpital qui porte ce nom aujourd’hui encore fut une femme catalane, Maria Richeza, qui avec son mari Giovanni Longo, faisait partie de la suite de Ferdinand III le catholique. Elle était venue à Naples en 1506 et avait une paralysie, par faute d’un empoisonnement perpétré par une servante pendant un banquet. Après la mort de son mari, en 1510, elle fit un pèlerinage à Loreto où reçut la grâce de la guérison par la Vierge. Ensuite, elle se dédia complètement aux malades. Sa ferveur religieuse et sa charité rendirent possible la fondation de l’Hôpital des Incurables et l’église annexe de Sainte Maria del Popolo.

Avec le temps l'hôpital garda le nom "Incurabili", même si, en réalité, il était devenu un vrai abri métropolitain pour tous les pauvres et tous les maux. Maria vite fut nommée Recteur ou Chef de l'hôpital.

En 1535, elle fonda l'ordre des Franciscaines du Troisième Ordre, c’est à dire des capucines, fameuses aujourd’hui encore à Naples avec le nom des Trente-trois. Pendant sa vie eut la joie d’être guidée et soutenue par un saint, Gaetano Thiene et, malgré la tempête qui bouleversa l'ordre des capucins pour les théories éversives de Juan de Valdés, resta fiel à Dieu et à l’Eglise jusqu’à la mort, arrivée en 1542.

Vingt-cinq saints, béates et vénérables sont entrés en relation avec l'Hôpital des Incurables, comme saint Gaetano Thiene (1480-1547); saint Alfonso Maria de' Liguori (1696-1787), sainte Giovanna Antida Thouret (1765-1826), le béate Bartolo Longo (1841-1926) et, saint Joseph Moscati.

Malheureusement une partie de l'Hôpital des Incurables, inclus la salle du Prof. Moscati, a été détruite pendant la dernière guerre. Ce que reste est suffisant pour admirer encore l’ancienne grandeur, et nous citons en particulière la Pharmacie, riche d’élégants meubles de noyer et de superbes majoliques du dix-huitième siècle napolitain.

Page précédente Page suivante

Mort de sa mère -- La Première Guerre Mondiale -- Moscati choisit le travail hospitalier
Directeur de la III Salle Masculine dans l’Hôpital des Incurables

E-mail: moscati@gesuiti.it

Autres pages
Biographie de Saint Joseph Moscati

Home Page
"Il Gesù Nuovo"